À Dakar, la Commission de la CEDEAO place la jeunesse au centre de l’agenda démocratique régional

À Dakar, la première Conférence ouest-africaine de la jeunesse sur la démocratie consacre la volonté de la CEDEAO d’ancrer l’inclusion politique des jeunes dans son agenda démocratique, sur fond de transitions fragiles et de défiance envers les institutions.

La Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), à travers sa Direction des Affaires politiques, a ouvert le 8 septembre 2026 à Dakar la première Conférence ouest-africaine de la jeunesse sur la démocratie, un rendez-vous régional qui consacre la place des jeunes au cœur de l’agenda démocratique de l’organisation. La rencontre, organisée en partenariat avec l’organisation de jeunesse LEGIS360, s’est tenue du 8 au 10 septembre 2026 autour du thème « Du militantisme à l’accession au pouvoir : réévaluer l’inclusion politique des jeunes en Afrique de l’Ouest et faire progresser un agenda régional pour la gouvernance démocratique ».

En réaffirmant à Dakar son engagement en faveur d’un leadership jeune dans la gouvernance démocratique, la Commission de la CEDEAO fait de cette conférence un espace de dialogue de haut niveau entre jeunes leaders, institutions publiques, organisations de la société civile et partenaires régionaux, avec l’objectif explicite d’arrimer la participation politique des moins de 35 ans aux chantiers de gouvernance en Afrique de l’Ouest.

Une réponse politique à une jeunesse majoritaire et sous-représentée

Lors du 4ᵉ Forum de la jeunesse de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel tenu à Dakar en août 2025, les participants avaient rappelé que plus de 65 % de la population de l’espace ouest-africain et sahélien est composée de jeunes, soulignant que cette réalité démographique représente à la fois un défi et une opportunité pour les politiques publiques. Dans ce contexte, l’initiative portée par la Direction des Affaires politiques de la CEDEAO cherche à répondre à une contradiction récurrente : une jeunesse numériquement dominante mais faiblement représentée dans les institutions électives et les mécanismes de prise de décision.

La Politique de la jeunesse de la CEDEAO, adoptée comme cadre régional d’action, fixe déjà comme objectif de permettre l’épanouissement de tous les jeunes et de renforcer leur contribution à l’intégration régionale et au développement économique de la communauté, en inscrivant l’inclusion politique parmi les axes structurants de cette stratégie. La conférence de Dakar s’inscrit dans le prolongement de ce document en cherchant à transformer un cadre normatif en engagements opérationnels, co‑construits avec les organisations de jeunes.

Des espaces de dialogue encore en construction

Des initiatives récentes de la CEDEAO sur la gouvernance démocratique soulignent la nécessité de renforcer la participation politique des jeunes, encore insuffisamment représentés dans les espaces de décision, ainsi que le dialogue avec les organisations de la société civile. C’est précisément ce déficit de canaux institutionnels que l’infrastructure de la conférence de Dakar tente de combler en associant, dès la conception, une organisation de jeunes comme LEGIS360 à la Direction des Affaires politiques.

Au sein de l’architecture communautaire, le Centre de Développement de la Jeunesse et des Sports de la CEDEAO (CDJS-CEDEAO) dispose déjà du mandat d’initier, élaborer, coordonner et mettre en œuvre les programmes relatifs au développement de la jeunesse, en vue de favoriser leur engagement dans le processus d’intégration régionale. La tenue d’une conférence spécifiquement dédiée à la démocratie ouvre la voie à une articulation plus étroite entre ce mandat sectoriel et les instruments politiques de la Commission.

L’agenda démocratique ouest-africain sous pression

L’agenda démocratique de la CEDEAO est fragilisé depuis plusieurs années par la multiplication de transitions militaires, les difficultés de certaines alternances constitutionnelles et la montée des menaces sécuritaires, qui mettent à l’épreuve les principes de l’État de droit inscrits dans les textes fondateurs de l’organisation. Dans ce contexte, faire une place explicite aux jeunes dans les débats sur les mécanismes électoraux, la prévention des conflits et la redevabilité institutionnelle devient un enjeu central de légitimité.

La CEDEAO mène par ailleurs des initiatives dans le cadre de l’agenda “Jeunesse, Paix et Sécurité”, visant notamment à renforcer la participation des jeunes aux efforts de prévention des conflits et de consolidation de la paix en Afrique de l’Ouest. La conférence de Dakar arrive ainsi dans un climat où les attentes de la jeunesse envers la communauté régionale se concentrent autant sur la représentativité politique que sur la capacité à gérer les crises.

Vers une feuille de route régionale issue de la conférence de Dakar

Selon la Commission de la CEDEAO, les travaux de la conférence ouest-africaine de la jeunesse sur la démocratie doivent déboucher sur une série de recommandations structurées pour une inclusion plus significative des jeunes dans les systèmes démocratiques nationaux et régionaux, en s’appuyant sur les échanges tenus à Dakar entre responsables publics et acteurs de la société civile. Ces propositions sont appelées à alimenter les chantiers en cours de la Direction des Affaires politiques sur la gouvernance électorale et le dialogue avec les parties prenantes non étatiques.

Les conclusions de la conférence doivent alimenter les réflexions sur le renforcement de la participation politique des jeunes en Afrique de l’Ouest, avec des recommandations destinées à soutenir les réformes en matière de gouvernance démocratique.

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