Le Président de la République, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a reçu ce vendredi au Palais de la République la Commission nationale des Droits de l’Homme, conduite par sa présidente, Madame Amsatou Sow Sidibé, pour la présentation des rapports annuels 2023, 2024 et 2025.
Premier exercice du genre sous l’empire de la loi du 18 septembre 2024, ce moment de redevabilité a permis au Chef de l’État de saluer la qualité des travaux de la Commission et de rappeler l’héritage du Juge Kéba Mbaye, dont l’exigence éthique continue d’inspirer l’idéal sénégalais de justice.
Retrouvez ci-dessous l’intégralité du discours du Président de la République :
Palais de République, 31 juillet 2026 – Seul le prononcé fait foi
Monsieur le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux,
Mesdames, Messieurs les Ministres,
Madame la Présidente de la Commission nationale des Droits de l’Homme du Sénégal,
Mesdames, Messieurs les membres de la Commission nationale des Droits de l’Homme du Sénégal,
Mesdames, Messieurs,
Madame la Présidente de la Commission nationale des Droits de l’Homme, je tiens à vous adresser, mes vifs remerciements pour la qualité des Rapports annuels d’activités 2023, 2024 et 2025, ainsi que pour la clarté et la hauteur de vue de votre propos.
La réception de ces rapports est un moment fort de la vie institutionnelle de notre pays. Elle témoigne de l’importance que j’accorde aux institutions de l’Etat et particulièrement à la Commission nationale des Droits de l’Homme.
Vous accomplissez aujourd’hui, pour la première fois sous l’empire de la loi du 18 septembre 2024, cet exercice solennel de redevabilité.
Ces rapports sont de précieux instruments de transparence de l’action publique. Ils permettent aux plus hautes autorités de mesurer les avancées réalisées, les défis persistants et les perspectives en matière de droits humains.
Je vous encourage à maintenir cette dynamique qui nourrit la confiance des citoyens envers les institutions de la République.
Madame la Présidente,
Dans vos propos, vous avez évoqué l’histoire et l’engagement de l’Institution nationale des Droits de l’Homme du Sénégal depuis sa création en 1970. Vous avez rappelé la figure du Juge Kéba Mbaye. Son exigence éthique continue d’inspirer notre idéal de justice.
Ce rappel atteste de la place singulière que notre pays occupe en matière de droits de l’Homme en Afrique et dans le monde. Son leadership historique constitue un patrimoine institutionnel précieux. Nous avons le devoir collectif de le préserver, de le renforcer et de le transmettre aux générations futures.
Madame la Présidente, la perte du statut « A » en 2012 nous interpelle tous. J’en ai pleinement mesuré les conséquences, en termes de visibilité, de crédibilité et d’influence de l’institution sur les plans régional et international.
Les mesures prises par l’Etat pour améliorer l’efficacité de l’Institution, s’inscrivent dans notre volonté constante de renforcer la protection et la promotion des droits de l’Homme, conformément à nos engagements internationaux. Je tiens à vous en donner l’assurance. L’État poursuivra cette dynamique.
J’observe avec intérêt le travail que vous menez sur le terrain pour le respect des droits humains, la préservation de la paix et de la cohésion sociale. Vos missions de veille, d’alerte, de médiation, de sensibilisation et vos recommandations contribuent à la consolidation de l’État de droit et au renforcement de notre démocratie.
Dans un contexte marqué par des mutations profondes et des défis multiples, votre institution joue un rôle essentiel dans la prévention des tensions et la promotion du dialogue.
J’apprécie également les efforts de la Commission pour la consolidation d’une culture des droits de l’Homme dans notre pays.
Je voudrais ainsi saluer votre initiative de créer le « Prix national des Droits de l’Homme ». Je vous remercie du Prix d’honneur que la Commission m’a décerné en décembre 2025. J’y vois moins une distinction personnelle qu’un encouragement adressé à la Nation tout entière.
Au-delà de sa dimension symbolique, ce Prix participe à l’ancrage des valeurs citoyennes et républicaines qui fondent notre vivre-ensemble. Il sensibilise et mobilise autour des enjeux liés aux droits humains. Il encourage les bonnes pratiques des acteurs engagés pour la dignité humaine, la justice et l’égalité.
Il constitue également un instrument de sensibilisation et de mobilisation autour des enjeux liés aux droits humains.
J’ai pris connaissance avec un intérêt particulier de votre proposition d’institutionnaliser cette distinction afin d’en assurer la pérennité. Votre demande est pertinente et j’instruis les départements ministériels compétents à vous accompagner dans cette initiative.
Ils étudieront également votre proposition de placer l’Edition 2026 du Prix national des Droits de l’Homme consacrée aux droits des personnes handicapées, sous mon Haut Patronage.
Le choix de cette thématique traduit notre ambition commune de construire une société plus juste et plus inclusive.
A ce titre, l’adoption des décrets d’application de la loi d’orientation sur les personnes handicapées, que vous avez évoquée sera étudiée.
Des dispositions seront également prises pour étudier la relance du processus d’adoption du code de l’enfant, dans une démarche plus inclusive et participative tenant compte de nos valeurs culturelles.
Sur les conditions de détention, un vaste programme est en cours. Il vise à améliorer substantiellement la prise en charge des détenus et à humaniser davantage l’univers carcéral. En outre, conformément à la politique pénale du Sénégal, le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux veillera à ce que la liberté reste le principe et la détention l’exception.
Madame la Présidente, vous avez exprimé un certain nombre de préoccupations institutionnelles de la CNDH et formulé des recommandations pour améliorer la situation des droits humains.
La ré-accréditation au statut « A » constitue une priorité nationale. J’ai instruit le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, de conduire dans les meilleurs délais le processus de désignation des Commissaires, selon une procédure ouverte, transparente et inclusive. D’autres mesures d’accompagnement suivront, notamment sur les moyens de fonctionnement et les conditions d’installation de l’institution. Vos besoins feront l’objet d’un examen attentif.
Madame la Présidente, dans les rapports présentés, vous avez soulevé des préoccupations relatives à la situation des droits de l’Homme dans le pays. Les recommandations formulées sur les droits civils et politiques, les conditions de détention carcérale, la situation des enfants, des femmes et des personnes handicapées méritent une attention particulière.
Dans le cadre de la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050, nous poursuivrons les réformes nécessaires. Nous voulons bâtir un État de droit toujours plus fort, plus juste et plus protecteur des droits et libertés de chaque citoyenne et de chaque citoyen.
Mesdames, Messieurs,
Nous partageons pour le Sénégal les mêmes ambitions de justice, de dignité et d’égalité des chances. Elles ne sauraient se réaliser sans des institutions fortes et indépendantes, capables de veiller au respect des droits humains. La CNDH constitue un mécanisme essentiel dans notre architecture institutionnelle. L’État entend l’accompagner afin de lui permettre d’accomplir son mandat avec efficacité.
Madame la Présidente,
Chers membres de la Commission nationale des Droits de l’Homme,
Je réaffirme notre satisfaction pour le travail accompli. Vos recommandations recevront toute l’attention requise et l’État ne ménagera aucun effort pour les traduire en actions concrètes.
Je vous remercie

